Lettre pour F.

Tu dois être dans le train je sais pas vraiment quelle heure il est y avait plein de gens dans mon train à moi une jolie fille toute jeune qui avait l’air toute douce et deux gros bonhommes qui parlaient tout le temps de contrats j’avais sommeil de pas avoir dormi des fois je me demande ce que les gens tous ces gens qu’on croise et qu’on connaît pas ce qu’ils ont dans la tête ce qui les fait aimer pleurer rire rêver où les emmènent leurs trains leurs pas.

Tu dois être dans le train je t’écris les mots que j’avais dans la tête quand tu dormais et que je dormais pas ma tête pleine de mots tout le temps que j’ai écrits sur toi ton ventre ton dos pour que tu les oublies pas y en avait tellement plus que ceux que j’ai écrits je t’ai écouté dormir regardé les heures qui changeaient au plafond tenu ta main posé mon front sur ton front plein de sommeil t’étais beau dans la nuit endormi.

Tu dois être dans le train encore un train qui t’emmène ailleurs comme tous ceux que tu prends qui vont dans un autre ailleurs des fois je m’y perds un peu des fois je voudrais t’attraper te prendre dans mes bras m’enrouler avec toi disparaître dans tes bras éteindre le réveil le train et le monde entier pour une nuit un jour volés à t’attraper à me coller contre toi dans ton odeur tes mots tes mains tes rêves.

Tu dois être dans le train y a encore un peu de ton odeur sur moi j’ai pris comme une grande inspiration un shoot de toi pour tous les jours où tu seras pas là où je vais penser à toi à comment t’es dedans si tu vas bien si les vagues t’emportent pas si tu ris si tu cours si tes pas sont légers si le soir des fois avant de dormir tu penses à moi.

Tu dois être dans le train encore un peu pas longtemps peut être avant d’arriver y a encore un peu tes mots autour de moi ton air de demander pourquoi je suis là ton air ébouriffé ton air de jamais savoir alors j’écris ici que j’aime toi en entier que des fois même ça me fait pleurer tes mains ton corps contre le mien que tu me touches comme rarement j’ai été touchée que tu me donnes envie d’embarquer avec toi n’importe comment que j’aime ton sourire ton rire comme un grand cerf-volant que je voudrais dormir avec toi maintenant.

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C’était une belle histoire

Tu m’as raconté une histoire c’était un soir comme ça un soir où je suis venue pour la demi-heure qu’il reste entre les comprimés le sommeil le travail la demi-heure pour se voir pour s’aimer encore peut-être pour rire pour te prendre dans mes bras quand tu veux encore des bras sur tes ailes d’oiseau un souffle sur ton front  souvent tu veux plus souvent tu peux plus on rigole juste on se souvient de la mer du couloir de la fac des cours d’immeubles où on allait jouer se cacher rire t’as dit on a été heureux c’est vrai je peux pas dire autre chose on a été heureux.

Tu m’as raconté une histoire c’était une belle histoire c’était notre histoire c’était une histoire de ceux qui se griffent qui se quittent qui s’aiment qui se pardonnent l’histoire de l’amour comme le premier livre que tu m’as offert comme tous ceux qu’on a lu ensemble à rire partager se battre à en faire écrouler la pile en vrac des livres partout l’histoire du pardon de la confiance de tous les jours où j’ai voulu te sauver où je pensais qu’à t’aimer tant peut-être tu mourrais pas de tous les jours où tu voulais plus de tous les jours à reprendre le chemin de la confiance comme un cadeau  comme un merci.

Tu m’as raconté une histoire c’était une belle histoire c’était notre histoire je voulais l’écrire ici pas oublier tes mots parce que ce soir dans la demi-heure entre les comprimés  les bougies allumées t’as dit je suis mourant je savais bien que je t’avais pas sauvé que je te sauverai pas à tant t’aimer ou pas mais je voulais pas que tu sois mourant t’as dit écoute moi oublie pas j’ai écouté t’as dit ta confiance ta présence c’est des cadeaux les donne pas aux méchants les donne pas aux voleurs si il faut fais semblant les donne pas dans ton coeur.

Tu m’as raconté une histoire c’était une belle histoire je sais bien que je t’ai pas sauvé que je te sauverai pas j’aurais voulu te dire que je sais pas très bien reconnaître les méchants les gentils que même pour toi des fois je me suis trompée que je vais essayer que je vais pas oublier j’aurais voulu te dire que j’ai peur de demain de quand tu seras plus là mais je pouvais pas alors j’ai écouté et puis on a parlé des émissions là où tu vas et puis de la Baltique où je vais aller moi on devait y aller ensemble j’irai sans toi avec toi dans mon coeur je trouverai un caillou comme on a toujours fait un caillou de là-bas pour notre histoire et toi.

Au delà des mots

On pris le train tu vois j’avais promis je t’ai emmenée on y est allées voir la mer c’était même mieux l’océan on a marché dans le sable t’en avais partout j’ai pas lâché ta main on était là dans le vent toutes les deux le soleil dans les yeux on est allées au bout là où les vagues lèchent les pieds j’ai fumé une cigarette les yeux dans le soleil tu me regardais avec ton air triste j’avais envie de te faire des promesses de celles qu’on fait aux enfants qui disent que tout ira bien mais je savais plus comment dire ça je voulais pas lâcher ta main peut-être on était au delà des mots t’as ramassé des cailloux on a pris le temps de choisir des petits des jolis lisses et doux comme tu les aimes t’en avais plein les poches .

On a mangé des crêpes et elles étaient pas bonnes la seule crêperie ouverte c’était pas important y avait du Nutella y avait les nuages qui arrivaient le feu dans la cheminée qui nous attendait mais tu voulais voir la mer encore les pieds mouillés le sable dans les chaussures on y est retournées t’as creusé les mains dans le sable je te regardais j’avais envie de te dire que je t’aimais que je serai toujours là que tu pouvais avoir confiance mais on était déjà au delà des mots j’étais là avec toi je voulais plus de mots juste être là pas parler pas dire laisser le vent souffler attendre les vagues te regarder sourire.

On a creusé il faisait froid tu savais pas combien j’avais envie de rester de voir la mer monter qu’elle m’emporte avec elle dans ses vagues éclatées dans le vent dans les cailloux bien lisses que tout s’arrête là juste là attendre les vagues lâcher laisser tomber les cours et mon âme fatiguée qui veut sourire encore essayer avoir le job faire le job pas lâcher être quelqu’un j’en avais marre je voulais plus essayer plus repartir je t’ai prise dans mes bras serrée très fort je savais qu’il fallait rentrer que la tempête arrivait j’avais envie de rester de me laisser emporter.

On a attendu la pluie le vent les vagues étaient toutes énervées l’écume s’envolait en tourbillons t’avais un peu peur il faisait froid on était déjà au delà des mots j’ai pris ta main on a repris le chemin je savais bien que je serais jamais quelqu’un toujours à côté toujours rien y avait le feu dans la cheminée j’ai réchauffé tes petites mains je pouvais pas te dire que tout irait très bien je pouvais pas promettre j’aurais voulu pour toi être un peu plus que rien mais je savais que c’était trop tard comme des vagues éclatées je t’ai prise dans mes bras et je t’ai réchauffée.

On a repris le train t’avais du sable dans tes cheveux de bébé des cailloux plein les poches un sourire de travers sur ton air étonné t’étais contente t’avais du chocolat je savais bien que je serais pas quelqu’un que c’était terminé j’aurais voulu te dire que j’étais désolée que j’avais pas su que j’avais tout raté mais on était déjà au delà des mots c’était pas important j’ai caressé tes cheveux ton air tout fatigué je t’ai prise contre moi et puis je t’ai bercée.

2017 me voilà

2017 me voilà j’ai mis du temps à revenir des fois les mots prennent du temps pour se poser puis il fallait d’abord parler je voyais bien les filles qui tournaient autour de la question depuis un petit moment déjà dis maman ça va pas et t’avais l’air fâchée au téléphone dis maman ils se passe quoi je disais rien ou bien t’as fait tes devoirs la musique les copains?

2017 j’ai mis du temps mais finalement on a parlé c’était un soir et vous m’avez demandé pourquoi tu crois qu’il t’aime pas j’ai dit la vérité j’ai dit c’est compliqué en fait j’aurais voulu répondre autre chose j’ai dit la vérité il a une femme et des enfants à lui il a cru qu’il m’aimait mais il s’était trompé. Y a eu comme un silence vous m’avez regardé je me suis demandé ce que vous pouviez bien penser puis vous m’avez demandé c’est quoi aimer on s’est installées et puis on a parlé des lampes de poches qui sont comme nos petites consciences et qui éclairent le monde toutes un peu différentes des mots et des visages qui disent qui on est tous un peu différents on était bien on était là.

2017 j’ai mis du temps me revoilà je suis allée te voir hier c’était le soir t’avais l’air fatigué tu m’as demandé où était l’amoureux j’ai dit qu’il s’était ensauvé comme la souris l’amoureux aux douze coups de minuit que je l’avais laissé que c’est peut-être ça aimer laisser l’autre nous blesser et aller son chemin qu’on peut pas le forcer qu’on peut pas supplier on peut juste le laisser. Libre. T’étais d’accord pour la liberté  pour aimer tu savais pas tu sais jamais t’as dit qu’il fallait être idiot pour pas m’aimer toi le premier ça nous a fait bien rigoler t’as dit que tu voulais le rencontrer j’ai dit que j’étais désolée t’as mis ta main doucement sur ma joue on a parlé d’autre chose on était bien on était là.

2017 j’ai mis du temps mais me voilà j’avance doucement je fais des petits pas je me force pas trop j’essaie d’aimer le jour qui vient même le matin avec ses airs de nuit même les 38 ans qui approchent les filles se cachent pour me faire un cadeau un bracelet brésilien une photo un doudou je voudrais bien vous dire que c’est pas la peine que ça fait rien à 38 ans d’avoir pas de paquet que mon cadeau c’est vous et d’aimer chaque matin je dis rien je ferai un gâteau on mettra les bougies tout sera comme il faut le bracelet brésilien la photo le doudou je le mettrai dans mon lit avec les autres que vous m’avez offert mon lit c’est comme une arche ce sera bien on sera là.

On ira voir la mer

Tu sais faut pas t’en faire moi je vais t’y emmener t’emmener voir la mer on va y aller bientôt moi petite et toi grande toi petite et moi grande main dans la main on fera le chemin on prendra le train on partira tôt le matin. Tu sais faut pas t’en faire moi je vais t’y emmener t’emmener voir la mer y aura les lattes de bois qui feront le bruit de nos pas y aura le restaurant où on avait mangé avant que l’avant devienne l’après le magasin de pulls peut être qu’il sera encore là j’en avais acheté un je sais que t’as toujours froid y aura l’hôtel avec le cygne on ira pas mais bon c’est bien comme ça. Tu sais faut pas t’en faire moi je vais t’emmener on ira voir la mer petite et grande on prendra sur la gauche les pieds dans le sable droit vers la mer faudra marcher dépasser les familles toutes bien rangées chocolat chaud bonnets bien enfoncés tu sais celles qui te font le cœur moins clair on les regardera pas je te donnerai la main pour que tu y penses pas droit vers la mer nous on ira. Tu sais faut pas t’en faire moi c’est promis j’irai jusqu’à la mer et puis quand on y sera faudra s’assoir il fera froid on ramassera les cailloux ronds et lisses tes préférés je sais on prendra le temps de bien les chercher. Après on regardera le ciel le vent les goélands et tu fumeras une cigarette avec les yeux qui piquent je sais ce sera celle qui dit que t’es triste et pas triste petite et grande tout à la fois alors je te prendrai dans mes bras et je te serrerai fort très fort comme ça et on restera là promis je te lâcherai pas. Tu sais faut pas pleurer faut pas t’en faire moi je vais t’emmener bientôt jusqu’à la mer on s’arrêtera là où tu veux on fera des dessins des mots dans le sable avec nos mains et puis quand tu seras fatiguée on ira prendre une crêpe avec plein de chocolat. Tu sais faut pas pleurer faut pas t’en faire on va y aller jusqu’à la mer et puis quand il fera presque nuit on ira prendre le train y aura du sable dans tes cheveux et du vent plein tes yeux t’auras froid je sais bien t’as toujours froid petite ou grande je te garderai là tout contre moi et tu t’endormiras . Tu sais faut pas t’en faire faut pas pleurer moi je vais t’y emmener t’emmener voir la mer main dans la main petite et grande juste toi et moi juste je suis là.

Ca nous échappe

J’avais envie de t’écrire mais j’avais pas envie alors j’écris ici.

J’avais envie de t’écrire que les pommes sentent l’automne que je suis allée nager que j’arrive pas bien à oublier celui qui va doucement vers tu sais hier il était tout maigre quand je suis arrivée il pleurait je sais pas si c’était la musique ou les aphtes on a fait comme si de rien n’était il m’a montré ses côtes ses yeux ses mains toutes abîmées j’ai mis de la crème dessus essayé de retenir un peu les rires du moment parce qu’on arrive à rire encore des allergies des garçons des histoires ratées où on est encore tombés de tout ce qui nous échappe diablement qu’on regarde nous échapper autant en rire.

J’avais envie de t’écrire et j’avais pas envie alors j’écris ici ce matin il faisait froid quand je suis sortie c’était le premier matin froid j’ai aimé respirer l’air nouveau c’est l’automne qui arrive l’automne ensemble on connaît pas on a fait que le facile le printemps et l’été et même ça c’était pas si facile je me demande ce que tu penses ce que tu ressens tu fais comme si j’avais raison comme si tout était fini comme si ça allait pas demander des efforts chaque jour pour en terminer des sentiments des envies des rêves des espoirs qu’on nourrit qui nous échappent diablement j’avais tellement d’envies de rêves j’étais ridicule et idiot vaut mieux en rire.

J’avais envie de t’écrire et j’avais pas envie alors j’écris ici. Je sais pas si tu liras je sais pas où t’es perdu dans tes pensées dans ta vie dans tes mots dans tes envies à toi dans tes rêves dans le chemin qu’il faut prendre ou pas j’imagine que c’est difficile que c’est chaque jour compliqué autrement que tu regardes ce que tu aimes ce que tu as construit ce qui compte que j’en fait pas partie et j’ai envie de pleurer mais vaudrait mieux en rire puis j’en sais rien en fait de ce que tu vis peut être tout simplement que ça t’échappe diablement tout ça.

Alors je reste là.

Je vous regarde

Je vous regarde et je vous trouve belles joyeuses drôles et même dans tes tempêtes Z qui nous embarquent toutes accrochées au mat pour pas basculer même là je sais que vous êtes comme j’aime pas princesses pas frimeuses pas super filles vous ressemblerez jamais aux magazines vous serez jamais en papier vous serez comme vous.

Je vous regarde et je me souviens toute petites déjà je vous regardais dormir et j’espérais que vous seriez pas comme moi non pas comme moi je voulais déjà que la vie pour vous ce soit la vie en mieux je voulais pour vous que ce soit différent plus facile plus limpide plus joyeux.

Je vous regarde et je sais pas bien comment ce sera pour vous A tes tâches de rousseurs et ta vie qui grandit je voudrais tant que ce soit autrement que tu sois comme tu rêves dresseur d’ours chuchoteur de tigre que vos rêves vous portent que vous soyez jamais obligées de regarder derrière en vous demandant ce que vous faites là comment c’est arrivé.

Je vous regarde et je saurai jamais si j’ai eu tort ou bien raison s’il fallait rester ou s’il fallait partir c’est vrai y a des gens plein même ils restent pour les enfants peut être vous penserez que j’ai pas fait ce qu’il fallait que je vous ai laissées tomber toutes cabossées que c’est autrement qu’il fallait faire je saurai jamais.

Je vous regarde et je vous aime comme c’est pas Dieu possible comme disait je sais plus qui mais je me souviens bien l’expression ça avait l’air grave c’est vrai c’est grave de vous aimer autant je voudrais qu’on vous aime pareil mais en mieux que vous soyez pas seules que ce soit évident que vos pas soient légers ancrés aimés.

Je vous regarde et j’espère que ce sera autrement que vous serez pas comme moi non pas comme moi il paraît qu’en naissant un ange naît avec nous qu’il nous accompagne et puis qu’il veille sur nous j’espère que les vôtres sont solides joyeux avec des ailes de super héros qu’ils seront super forts tellement que même ils auront rien à faire.

Je vous regarde et  je sais pas trop quand j’ai raté la marche quand c’est devenu compliqué un jour je crois j’ai eu les ailes coupées avant je savais presque voler mais c’était avant que je me demande ce que je fais là comment c’est arrivé où j’ai commencé à rater je voudrais remettre mes ailes et m’envoler courir sauter et puis voler mais je sais déjà que je vais tomber traîner mes ailes et puis pleurer.

Vous vous saurez voler.

Valeto est idiot

Je croyais que tu posais vraiment la question  que ça te faisait quelque chose à l’intérieur j’avais oublié qu’il faut pas croire les mots qu’il faut marcher tout droit sur son chemin à soi pas baisser les bras / la garde / la tête pas se laisser attraper par les mots qui disent rien de ce qu’on est je croyais que je pouvais te faire confiance parce que c’était toi avec ton air bleu ton air pas comme ça ton air de toi mais c’est comme les renards les pères noels les histoires à dormir debout on finit toujours sans dormir  Valeto est idiot.

Je croyais que ça existait les histoires comme ça que je pouvais te laisser approcher A et Z comme si y avait juste un peu de soleil comme si on pouvait marcher sur un fil et rire  comme si c’était limpide comme si on traçait des chemins désunis en demi-volte en diagonale en doublé et en arrondi mais y avait pas de soleil y avait pas de fil y avait pas de chemin y avait juste A Z et moi en pas de trois j’ai rien appris faut croire Valeto est idiot.

J’avais pourtant essayé de rien dire rien demander rester là droit dans mon chemin te faire une place un peu t’aimer aussi sinon ça sert à quoi j’ai plus envie d’écrire j’ai plus envie de dire j’ai plus envie de savoir j’ai plus envie que tu dises j’ai envie de refuser j’ai envie de dérober j’ai envie de cabrer j’ai envie du silence enfin qui veille sur les idiots qu’il m’emporte avec lui que je dise plus un mot Valeto est idiot.

Des fois la vie c’est bien

Des fois c’est comme ça fatigué après plein de semaines que tu les comptes même pas le boulot difficile les histoires de territoire que tu sais plus pourquoi comment ça a commencé comment ça va finir surtout les amoureux les enfants et celui que tu sais qui va bientôt enfin avec la chimio les vacances qui arrivent pas le pipi encore à refaire dans le bocal t’as raté l’heure parce que y a un horaire t’avais oublié alors tu voudrais juste enfin que voilà.

Des fois c’est comme ça t’as quand même décidé que ça valait la peine alors t’as fait les courses le repas acheté les bonbecs kasher fait aussi végétarien pensé à tout et puis ils arrivent tous et c’est comme un grand coup de vent dans le tout petit appart faire à manger pour huit tu sais même pas vraiment comment c’est possible mais c’est fait et puis ils arrivent tous avec les cris les défilés improvisés les blagues qu’on a déjà faites 100 fois les 10 ans partagés de près de loin la voisine qui râle les enfants disparus endormis à force de faire semblant.

Des fois c’est comme ça t’as oublié en route le boulot les trois pénibles les territoires t’as oublié le pipi qu’il fallait faire le mail pas envoyé l’amoureux que tu sais pas quand tu le revois il a pas dit c’est pas grave aujourd’hui t’as oublié la chimio t’as oublié le chant le chat le billet de train à prendre les réunions qui finissent pas de recommencer t’as juste rigolé t’as juste oublié tu regardes les enfants endormis ensemble collés serrés ça sent la clope tu laisses les  fenêtres ouvertes sur la nuit demain y aura la vaisselle les devoirs et tous les trucs à faire mais c’est demain.

Des fois c’est la vie c’est bien.

 

 

Tu dors

Tu dors sans doute ce matin je le savais maintenant je le sais par déduction parce que t’es devenu silencieux y a plus les petits clings réguliers de quand tu envoies un message alors je déduis que tu dors. J’écoute la cafetière italienne le café qui chauffe j’aime bien le bruit et l’odeur les deux j’aime bien penser.

Tu dors sans doute y a plus les petits clings réguliers de quand t’essaies d’éviter mes questions toujours les mêmes tu veux quoi pourquoi t’es pas là mais là je veux juste penser j’ai volé des photos de toi  et je me souviens la dernière fois que j’ai volé des photos c’était y a longtemps c’était emportée par l’envie par un truc presque innocent c’était portée par le vent.

Tu dors sans doute y a plus les petits clings réguliers de quand tu dors pas je pense tranquillement je me souviens des photos volées des rires sur la passerelle du canal c’est toujours chez moi la passerelle du canal y a plus de vent les photos sont oubliées depuis longtemps je sais pas où elles sont emportées par le temps.

Tu dors sans doute ce matin t’avais ton bras posé sur moi dans ton sommeil après la nuit de docteur agitée ton air sérieux à partir revenir je savais pas quelle heure il était on a vu le jour se lever sur les toits de l’hôpital je savais pas trouver les mots les gestes je savais pas j’ai essayé pourtant un chemin vers toi dans la nuit agitée.

Tu dors encore sans doute je regarde le lilas nouveau de l’année à côté de la glycine elle est grande maintenant elle va fleurir bientôt je pense à ton château là bas de prince au bois dormant où tu dors comme les princes des contes de fées je regarde le lilas je sais qu’il va grandir aussi je vais le regarder avec les filles grandir comme dans les contes de fées.